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    Le diagnostic de performance énergétique

    Le DPE est le seul diagnostic qui pèse sur le prix d'un bien et sur le droit de le louer. Voici ce qu'il mesure réellement, comment se lit son résultat, ce que le calendrier réglementaire impose, et ce que change le nouveau mode de calcul entré en vigueur au 1er janvier 2026.

    Ce que mesure le DPE

    Le diagnostic de performance énergétique estime l'énergie qu'un logement consomme sur une année et les gaz à effet de serre que cette consommation dégage. Il ne lit pas vos factures : il calcule une consommation conventionnelle à partir du bâti et des équipements, pour une occupation standard. Deux foyers aux habitudes opposées obtiennent la même note dans le même appartement.

    Le professionnel relève la surface et l'orientation, la composition des murs, des planchers et de la toiture, la nature des menuiseries, puis les systèmes de chauffage, d'eau chaude sanitaire, de ventilation et de refroidissement. Chaque caractéristique qu'il ne peut pas justifier est saisie à sa valeur par défaut — et la valeur par défaut est toujours la plus défavorable.

    Le rapport rend deux étiquettes, une pour l'énergie, une pour le climat. C'est la moins bonne des deux qui devient le classement du logement. S'y ajoutent une estimation des dépenses annuelles d'énergie, une appréciation du confort d'été et un bouquet de travaux recommandés, chiffré.

    Depuis juillet 2021, le DPE est opposable. Ce n'est plus un document purement informatif : l'acquéreur ou le locataire peut s'en prévaloir, et la responsabilité du diagnostiqueur qui l'a établi peut être engagée.

    Quand il est obligatoire

    À la vente, le DPE doit exister avant la mise en ligne de l'annonce : les deux étiquettes et le montant estimé des dépenses annuelles d'énergie y figurent obligatoirement. Il est ensuite annexé à la promesse de vente, puis à l'acte notarié, au sein du dossier de diagnostic technique.

    À la location, même logique depuis 2007 : présence dans l'annonce, puis annexion au bail, remis au locataire à la signature. Dans le neuf, le DPE est établi à la réception des travaux et remis au maître d'ouvrage.

    En copropriété, un DPE collectif s'ajoute à celui du logement. L'obligation est entrée en vigueur par paliers : au 1er janvier 2024 pour les copropriétés de plus de 200 lots, au 1er janvier 2025 pour celles de 50 à 200 lots, au 1er janvier 2026 pour toutes les autres. Il est renouvelé tous les dix ans, sauf audit énergétique réglementaire en cours de validité.

    Sa durée de validité est de dix ans. Mais la réforme de 2021 a purgé l'ancien stock : les DPE établis avant le 1er juillet 2021 ne valent plus rien, quelle que soit leur date. Un DPE valide aujourd'hui est donc nécessairement postérieur à cette date.

    Lire les deux étiquettes

    L'étiquette énergie se lit en kilowattheures d'énergie primaire par mètre carré et par an. L'étiquette climat, en kilogrammes de CO₂ par mètre carré et par an. Le logement prend la plus mauvaise des deux : un bien très sobre mais chauffé au fioul peut être bon en énergie et mauvais en climat, et c'est le climat qui l'emporte.

    ClasseÉnergie (kWh/m²/an)Climat (kg CO₂/m²/an)Ce que cela veut dire
    A≤ 70≤ 6Logement très performant, dépenses d'énergie marginales
    B71 à 1107 à 11Bon niveau, typique d'une construction récente performante
    C111 à 18012 à 30Standard des constructions récentes
    D181 à 25031 à 50Moyenne du parc, marges de progrès simples
    E251 à 33051 à 70Performance faible, location interdite à partir de 2034
    F331 à 42071 à 100Passoire thermique, location interdite à partir de 2028
    G> 420> 100Passoire thermique, location interdite depuis 2025

    Ces seuils valent pour un logement de 40 m² et plus. Depuis le 1er juillet 2024, les logements de moins de 40 m² disposent de seuils adaptés : leur surface réduite pénalisait mécaniquement le ratio au mètre carré, notamment à cause de l'eau chaude sanitaire, sans que le logement soit réellement plus énergivore.

    Ce qui change au 1er janvier 2026

    Le DPE ne mesure pas l'énergie que vous consommez, mais l'énergie primaire qu'il a fallu produire pour vous la livrer. Entre les deux, un coefficient de conversion. Pour l'électricité, il valait 2,3 depuis des années : un kilowattheure consommé en comptait 2,3 dans le calcul.

    Un arrêté du 13 août 2025 l'a abaissé à 1,9 pour tous les DPE établis à compter du 1er janvier 2026, afin de refléter la composition très décarbonée du mix électrique français. Le bois et le gaz conservent un coefficient de 1.

    Les logements chauffés à l'électricité gagnent donc mécaniquement des points, parfois une classe entière : les estimations publiées au moment de la réforme portaient sur environ 850 000 logements sortant du statut de passoire thermique. Aucune étiquette ne peut se dégrader du fait de ce changement, le calcul ne fait que corriger à la hausse.

    Les DPE établis entre juillet 2021 et décembre 2025 restent valides tels quels. Leur propriétaire peut cependant obtenir gratuitement une attestation de mise à jour sur l'observatoire DPE-Audit de l'ADEME, sans nouvelle visite et sans nouveau diagnostic. Si votre logement est chauffé à l'électricité et que votre DPE date d'avant 2026, c'est le premier réflexe à avoir : c'est gratuit, et cela peut à soi seul changer votre situation réglementaire.

    Ce qu'un classement F ou G entraîne

    En location, les logements classés G sont interdits depuis le 1er janvier 2025. Les F suivront au 1er janvier 2028, les E au 1er janvier 2034. Le loyer des F et G est par ailleurs gelé depuis le 24 août 2022 : pas d'augmentation à la relocation, pas d'indexation en cours de bail, pas de complément de loyer. Ce gel s'applique partout, zone tendue ou non.

    À la vente, rien n'est interdit, quelle que soit la classe. Mais un audit énergétique réglementaire est exigé pour la vente d'une maison individuelle ou d'un immeuble détenu en monopropriété classé E, F ou G — et, à partir du 1er janvier 2034, classé D. Cet audit, valable cinq ans, doit être remis à l'acquéreur dès la première visite. Il coûte plusieurs centaines d'euros et se prépare en amont, sous peine de bloquer la commercialisation.

    Sur le prix enfin, un mauvais classement se paie en négociation et en délai. L'acquéreur d'une passoire achète aussi un calendrier de travaux contraint, et il le fait valoir. Le calendrier ci-dessus est celui en vigueur : des ajustements sont régulièrement débattus au Parlement, mais tant qu'aucun texte n'est publié, ce sont ces dates qui s'appliquent.

    Combien coûte un DPE

    Le prix d'un DPE n'est pas réglementé. Chaque professionnel fixe le sien, ce qui explique des écarts importants d'un devis à l'autre sur un bien identique. Comptez de l'ordre de 100 à 250 € pour un DPE seul, selon la surface, la complexité du bien et la région.

    Le DPE s'exprime en kilowattheures par mètre carré : le diagnostiqueur a donc besoin d'une surface habitable fiable. Il réalise un métrage — Loi Carrez à la vente, Loi Boutin à la location — ou réutilise un mesurage existant, poste parfois facturé à part.

    Et le DPE arrive rarement seul. Une vente appelle un dossier complet, dont le coût dépend de l'âge du logement, de sa surface et de ses équipements, pas de la commune. Commander l'ensemble en une seule visite revient toujours moins cher que de faire revenir un professionnel deux fois.

    Faire remonter son logement d'une classe

    Les postes qui déplacent réellement l'étiquette, par ordre de rendement : l'isolation des combles d'abord, la moins chère au mètre carré et la plus rentable, parce que c'est par le haut qu'un logement perd le plus. Le système de chauffage ensuite : remplacer une chaudière fioul ou gaz ancienne par une pompe à chaleur fait souvent gagner une à deux classes d'un coup, d'autant plus depuis que le calcul de 2026 favorise l'électricité.

    L'isolation des murs vient après : efficace, mais l'intérieur coûte de la surface au sol et l'extérieur coûte cher. Les menuiseries ferment la marche : le double vitrage seul déplace rarement l'étiquette, mais il compte dans un bouquet.

    Avant d'engager quoi que ce soit, un DPE projeté simule le résultat de chaque scénario de travaux. Il répond à la seule question qui vaille : quel est le chemin le moins cher pour atteindre la classe visée. Faire les travaux d'abord et découvrir ensuite qu'on est resté sous le seuil est l'erreur la plus coûteuse en rénovation énergétique.

    Pourquoi deux DPE du même logement ne donnent pas la même note

    Le calcul est normé, pas les données qui l'alimentent. Un DPE est le produit d'un relevé, et un relevé dépend du temps qu'on y passe et des justificatifs qu'on présente.

    L'isolation non justifiée arrive en tête. Dans le bâti ancien, sans facture, sans photo de chantier ni descriptif, l'isolation est réputée absente : beaucoup de propriétaires ont isolé il y a quinze ans et n'ont rien gardé, le logement est alors noté comme s'il ne l'avait jamais été.

    Vient ensuite la surface : locaux chauffés oubliés, vérandas, combles aménagés, mauvaise répartition des parties communes en copropriété. Comme tout le résultat est un ratio au mètre carré, l'erreur se propage à l'ensemble du diagnostic. S'y ajoutent un système de chauffage mal caractérisé — une chaudière à condensation prise pour une chaudière standard, un rendement retenu par défaut, un appoint ignoré — et des menuiseries sous-estimées.

    Chaque point non relevé bascule vers l'hypothèse la plus défavorable. Une visite expédiée ne produit pas un DPE faux au sens juridique : elle produit un DPE pessimiste, et parfaitement défendable en l'état. C'est réversible. Retrouver une facture d'isolation, la plaque signalétique d'une chaudière ou un mesurage antérieur suffit souvent à faire bouger le résultat.

    Ce que Joole fait différemment

    Nous lisons l'historique de votre adresse avant la visite. Tous les DPE réalisés en France depuis juillet 2021 sont publics et consultables commune par commune : nous récupérons ceux de votre immeuble et de votre logement, et le diagnostiqueur arrive en sachant ce qui a déjà été déclaré et ce qui mérite d'être revérifié.

    Nous vous disons quoi préparer. Avant l'intervention, vous savez quels documents chercher : factures de travaux, plaques signalétiques, mesurages existants, plans. Ce sont exactement les pièces qui évitent les valeurs par défaut.

    Enfin, une relecture automatisée précède l'envoi : notre intelligence artificielle lit les rapports et signale les incohérences susceptibles de fausser les données de votre DPE.

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    Questions fréquentes

    Mon DPE date de 2022 et mon logement est chauffé à l'électricité : dois-je le refaire ?

    Non. Il reste valable dix ans à compter de sa réalisation. Pour bénéficier du nouveau coefficient de conversion entré en vigueur au 1er janvier 2026, vous pouvez télécharger gratuitement une attestation de mise à jour sur l'observatoire DPE-Audit de l'ADEME. Aucune visite, aucun frais, et l'étiquette ne peut que s'améliorer ou rester identique.

    Peut-on vendre un logement classé G ?

    Oui. La vente n'a jamais été interdite, c'est la mise en location qui l'est depuis janvier 2025. Deux contraintes en revanche : un audit énergétique réglementaire est exigé s'il s'agit d'une maison individuelle ou d'un immeuble en monopropriété, et l'acquéreur négociera en connaissance du calendrier de travaux qui l'attend.

    Qui paie le DPE ?

    Le propriétaire : le vendeur dans une transaction, le bailleur dans une location. Ni l'acquéreur, ni le locataire, ni l'agence, même lorsque l'agence se charge de le commander.

    Que faire si mon DPE me paraît faux ?

    Rassemblez d'abord les justificatifs manquants — factures d'isolation, caractéristiques de la chaudière, mesurage — puis demandez au diagnostiqueur de reprendre son calcul. S'il refuse ou si le désaccord persiste, faites réaliser un second diagnostic par un autre professionnel. Le DPE étant opposable depuis 2021, la responsabilité de son auteur peut être engagée.

    Un DPE peut-il être gratuit ?

    Non, et une offre nettement sous le marché doit alerter. Un tarif très bas se rattrape sur le temps passé sur place, donc sur le nombre de valeurs saisies par défaut — c'est-à-dire sur votre étiquette.

    Combien de temps dure l'intervention ?

    De trente minutes à deux heures pour un DPE seul, selon la taille du bien et l'accessibilité des équipements. Prévoyez un accès à toutes les pièces, aux combles, à la chaufferie et aux compteurs : un accès partiel donne un rapport avec réserves.

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